Marc LAGER / FRANCE

S'appropriant les symboles de l'adoration propre à l'essentiel des religions - autel, stèle, reliquaire, totem ou fétiche, - Marc LAGER en réinvente les formes pour les mettre au service d'une maîtresse inattendue : la peinture. Se référant davantage à l'anthropologie qu'à la mythologie, cette pratique originale des arts plastiques interroge et sublime la notion traditionnelle de bricolage. Observation du milieu environnant et imagination de ses ressources inattendues, métamorphose du manque en poésie, hommage à l'essentiel : comme certains membres du groupe italien Arte Povera et du groupe Supports/Surfaces, DEZEUZE ou VIALLAT en particulier, Marc LAGER - qui a suivi durant les années 70 l'enseignement des Beaux-Arts de Paris et de l'Université d'Arts Plastiques de Paris I Panthéon-Sorbonne - pratique la récolte de matériaux puis procède à leur assemblage.

"S'il n'y a pas l'oeil, le hasard ne sert à rien. J'ai l'habitude de regarder, comme les cueilleurs de champignons" : vitres de portières automobiles, restes de charpentes ou morceaux de gouttières, chaque élément est choisi pour sa forme improbable, pour la richesse de sa patine. L'imperméabilité de toute surface, la virginité du flambant neuf, l'utilité du masque, tels sont quelques-uns des aspects de la modernité ainsi mis en abîme. Les fragments de carrelages brisés, insérés dans certaines compositions, sont à ce titre emblématiques : sous le vernis, la terre. Celle-là même qui fascinait Marc LAGER lorsque, enfant, il trouvait des tessons de poteries gallo-romaines parmi les sillons des labours.

"C'est plus la matière que sa mémoire qui m'intéresse. La texture. L'intérieur". Le secret. Effets translucides, allures d'apparitions, structures à claire-voie, projections lumineuses, tout ce qui suggère la présence de dessous indéterminés mais tangibles prend part à ce théâtre d'ombres. L'utilisation récurrente de paraffine, afin "d'engluer des éléments, de les faire quasiment disparaître - je n'aime pas quand tout est donné à voir du premier coup", contribue à l'élaboration de ce ballet de signes, en apesanteur et ouatés. L'emploi de surfaces modulées - papiers asiatiques, briques plâtrées ou bois brûlé, - l'utilisation de peinture mêlée de ciment ou de tarlatane, constituent eux aussi un hymne à la magie de la surface.

La délicatesse des graphismes conçus par assemblages ou dessinés, puis mis en scène, possède la légèreté des accouplements d'insectes. Gouttes de couleurs, bribes d'écritures, tissages ou pelages soigneusement effilochés, même effet : qu'elles surgissent d'un stylo, d'un pinceau, ou qu'elles soient constituées de crin de cheval récupéré sur un fil barbelé, de brins de chanvre, de fils de cuivre dépecés de leur gaine en matière plastique ou encore d'une chambre à air au fascinant "noir talqué" découpée en fines lamelles, toutes ces résilles donnent aux parcelles de vide qu'elles cernent une densité étonnante. Elles évoquent la couture. Pas la reprise : Marc LAGER ne pallie pas à des usures, il invente des liens.

Françoise MONNIN, Paris, septembre 2007. 
Historienne d’Art – GRAND REPORTER 
Commissaire d’expositions
Rédactrice en Chef – ARTENSION

INTERNATIONAL 'SMALL FORMAT' ART COMPETITION & SHOW

PARIS - DECEMBER  19, 2014 / JANUARY 10, 2015

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The exhibition 'A SINGLE GRAIN OF RICE' stands as an invitation to rediscover the entire universe through a selection of works of art of small size.

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Gallery Metanoia

Located in Paris, a few steps away from the Pompidou Center, the gallery presents a selection of artworks that proposes to shift our gaze to the inner world.

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